Date de publication : 16/10/2026

Cyrille Barros
Intégrés dans les courriels, invisibles à l’œil nu, les pixels de suivi sont des outils de traçage utilisés pour analyser le comportement de leurs destinataires. Et désormais, sans l’autorisation de ces derniers, leur utilisation est interdite, conformément au Règlement général sur la protection des données (RGPD). Les associations qui y ont recours pour administrer les newsletters qu’elles adressent à leurs membres doivent donc se conformer à ces nouvelles règles.
Un pixel est la plus petite unité de surface composant une image numérique. Dans le cas d’un pixel dit « de suivi », également baptisé « pixel de tracking » ou « balise web », ce minuscule morceau d’image est inséré dans le corps d’un e-mail afin de savoir si et quand il sera ouvert par son destinataire.
Lorsque le destinataire du courriel ouvre le message, le pixel de suivi est téléchargé automatiquement. L’expéditeur est ainsi informé que l’e-mail a bien été ouvert, de la date et de l’horaire de son ouverture, de la localisation du destinataire (via l’adresse IP) ou encore du type d’appareil qu’il a utilisé (ordinateur, smartphone…). Généralement, les pixels de suivi sont utilisés pour s’assurer de la bonne réception d’un courriel et pour mesurer l’audience d’une campagne d’e-mailing, le niveau de consultation de newsletters ou l’intérêt d’un destinataire pour un ou plusieurs sujets portés par l’e-mail.
Les pixels de suivi existent depuis longtemps. Mais face à la généralisation de leur utilisation, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) est venue rappeler (https://www.cnil.fr/fr/recommandation-pixel-suivi-courriels) que cette technique soulevait des enjeux de « consultation de contenus privés » et qu’à ce titre, elle tombait, au même titre que les « cookie », sous la règlementation de la protection des données portée par le RGPD.

Toutes les structures publiques et privées, notamment les fondations et les associations, sauf dans des cas (présentés plus bas) très précis, ne peuvent plus intégrer de pixels de suivi dans des courriels sans avoir préalablement recueilli le consentement de leurs destinataires.
Et attention, même si votre association sous-traite l’envoi de ses newsletters, elle reste, rappelle la Cnil, « responsable du traitement ». Vous devez donc vous assurer, y compris dans cette situation, que votre prestataire respecte bien la réglementation RGPD lorsqu’il traite, en votre nom, les opérations d’envoi de courriels.

Cette règlementation vise à protéger les données à caractère personnel et, plus largement, la vie privée des individus. Elle s’applique donc dans les échanges avec les particuliers (B2C) mais aussi, précise la Cnil, avec les entreprises, les associations, les structures publiques (B2B) dès lors que l’envoi s’opère, non pas vers une adresse dépersonnalisée (contact@monentreprise.fr, par exemple), mais vers une adresse professionnelle nominative (jean.dupond@monentreprise.fr).
Le recueil du consentement doit, idéalement, intervenir au moment où l’association (ou son prestataire) collecte l’adresse électronique du destinataire. Lors de cette opération, le destinataire devra être clairement informé de l’intégration de pixels de suivi dans les courriels qui lui seront adressés.
L’information doit être claire, lisible et « intelligible » et préciser, notamment, la nature des données recueillies et surtout la finalité de ce recueil. En outre, le formulaire de recueil doit s’accompagner du rappel de la possibilité, qu’a le destinataire, de s’opposer à tout moment à l’intégration d’un pixel de suivi.
Il faut également savoir que le consentement du destinataire du pixel de suivi doit procéder d’un acte positif. Autrement dit, l’absence de réponse à l’e-mail de demande de consentement doit être considérée comme un refus.
Dans ses recommandations, la Cnil rappelle que le recueil du consentement du destinataire s’impose lorsque le pixel de suivi est utilisé pour :
La Cnil présente également les deux cas pour lesquels un pixel de suivi peut être utilisé sans l’accord du destinataire :
Pour les envois opérés à l’aide d’une base de données déjà constituée (bénéficiaires, donateurs, abonnés à une newsletter…), l’envoi d’un courriel adressé à chaque destinataire afin de l’informer de l’existence de pixels de suivi (description, finalités…) et de lui donner la possibilité de les refuser suffit.
Attention toutefois, en pratique, l’e-mail en question, insiste la Cnil dans ses recommandations, ne doit pas contenir de pixels de suivi.
Par la suite, un lien permettant de s’opposer aux pixels de suivi devra être intégré dans chaque nouveau courriel, sachant que la fonction qui permet de refuser ces pixels devra être distincte de celle permettant au destinataire de se désinscrire de la liste de diffusion.
Le pixel de suivi n’est plus un outil anodin dès lors qu’il sert à mesurer les performances d’une newsletter ou à profiler ses lecteurs, il exige le consentement préalable et explicite des destinataires. Pour les associations, fondations et autres structures de l’économie sociale, qui s’appuient sur la confiance de leurs adhérents, donateurs et bénévoles, c’est aussi une question de transparence.
Réseaux sociaux : pourquoi faut-il les utiliser ?
Cyrille Barros
Directeur, responsable régional adjoint ESS et CSE Nord de France
Chez In Extenso, Cyrille est spécialisé dans l’accompagnement des structures relevant de l’Economie Sociale qui composent l’essentiel de son portefeuille. En parallèle, Cyrille a développé une expertise particulière dans la gestion des Comités Sociaux et Economiques à travers le travail réalisé au quotidien aux services des élus du personnel.